mercredi 3 mai 2006

Jetlag

Bizarrement, la vie ne s'est pas arrêtée pendant mon absence, comme si je n'étais pas indispensable. Même les arbres ont des feuilles, alors qu'il y a 10 jours c'était encore l'hiver.
Je suis vexée.
Bizarrement aussi, les gens ne se sont pas arrêtés de vivre depuis que j'ai quitté la France, et c'est tout autant choquant de savoir que la vie continue, que les choses ne se sont pas soudainement figées en novembre 2002.
Heureusement (ou non), certaines attitudes ne changent quand même pas. "Papa, tu roules trop vite là" - "Mais non, y'a pas de radar, c'est sans danger !"- "Papa, tu es à 150 quand même, la limite c'est 90, ralentis quoi !!" - "Rho, mais je regarde la route moi, pas le compteur, c'que tu t'angoisses pour rien !". Bref, si vous voyez un 4x4 gris filer à grande vitesse sur les routes du Loiret et de l'Essonne, il y a des chances que ce soit mon père. Oui, oui, un gros 4x4. Mais j'avoue, j'ai accueilli d'un coeur heureux les 15 minutes à attendre mon RER en tête à tête avec une cigarette sur le quai de la gare à Etampes. Enfin libre, même si en moins de 48 heures, le père n'avait pas eu le temps de renouer avec le coté obscur de sa force.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, récolter des graines dans mon coin de labo me laisse un petit arrière goût de paradis. Non pas que la conférence ait été désagréable, j'irai même jusqu'à dire que c'était un succès, et pas seulement à cause de la bouteille de champagne qui a récompensé ma grande maîtrise dans la coordination des couleurs, parce qu'on ne me fera pas croire que c'est pour le contenu que mon poster a été déclaré le meilleur de sa session. Non, le fait est que j'ai réussi à parler avec des gens (un peu), et surtout j'ai réussi à ne pas trop rougir quand lors du conference dinner, je me suis retrouvée à danser tout près du chercheur le plus sexy d'Ecosse, qui le fait bien en chemise, quand même. Très bien même. Comme quoi le pinard français, c'est indispensable (pour parler et ne pas trop rougir).
Enfin bref, un réel succès.
Heureusement qu'on ne recommence que dans 3 ans, quand même.

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