vendredi 28 juin 2019

La vérité.

This morning, I said something to my 6 year-old son that sounded like: "you know, my parents didn't really hear me when I was a child. I really don't think they ever will, even now."
We carried on chit chatting, and after maybe 5 min of unrelated stuff he said: "you know Mummy, I'm pretty sure you parents heard you. They just chose to ignore what they heard."
Oh wow.
My boy.

mardi 28 mai 2019

Moon baking

I've always taught my son: you only need 4 ingredients
It's eggs, flour, sugar and butter for cupcakes
But when it comes to the moon, it's a bit different:
You need a way to chase the clouds away
You need to look up high
You need patience and determination
And a little bit of love for what's far
But the most important,
The essential ingredient,
The one you can never forget,
Whether or not you have a rocket,
Is: moonrocks.
And no, you can't eat them.

lundi 15 avril 2019

It turns out.

Being an emigrant, I take some things for granted.
It turns out that places don't stay the same once you leave them.
It turns out that memories are only memories, even if I sometimes assume they are someone else's current reality.

It turns out that cathedrals can and do  burn, that a walk through Paris in the morning will never be the same, that the city of my teenage years was probably long gone.

Having grown up in Paris, I take some things for granted.
I've been spoilt, let's face it.
The idea of a trip to Paris doesn't excite me. It sounds like taking the bus home: nice, comfy, welcoming. Okay. Nothing much. Could we go to somewhere new and amazing instead?

It turns out that my children will never see Notre Dame. Let me repeat this. They will never see Notre Dame! I didn't take them. Why would I have?

Everlasting buildings don't disappear!
Landmarks are taken for granted. They don't suddenly collapse!

It turns out they do.

mardi 26 mars 2019

Grow (ghazal)

It's always been my job: making things grow.
It used to be plants; today the children grow.

I've spent so many hours in these growthrooms
Potting, planting, watering, harvesting - plants growing.

I'm spending so many hours in this bedroom
Cajoling, cuddling, holding, breastfeeding - children growing.

I used to be a researcher, wearing a labcoat
Hoping for a discovery, a success, a scientific growth.

I've become a mother, wearing a toddler
Hoping for a smile, a happy day, a personal growth.

Lycopersicon, Arabidopsis, the joys of my youth,
Errol, Flora, the gifts that made me grow.

lundi 25 mars 2019

Qu'elle soit elle.

She's smiling sweetly, sitting on her chair, drinking her grenadine. She laughs at something her brother just said.
I exclaim: "Awe, you're so cute!"
She looks at me with wild eyes.
"No, I'm not! I'm Flora!"
-----
She's dancing about, jumping, singing along the tune on the radio. Her ease with words, her remarkable ability to chat at such a young age amazes me. I look at her with awe.
I exclaim: "Oh, you're such a big girl now!"
She looks at me with a grump.
"No, I'm not! I'm Flora!"
-----
We're chatting in the bathroom. We're getting ready for the night. She's wearing her new footless pyjama, standing on the changing table. She stretches, and looks at her reflection with a smile. Her head is above mine in the mirror.
I exclaim: "Look! You're so tall!"
She looks at me annoyed.
"No, I'm not! I'm Flora!"
-----
You might think she's cute, big or tall. You might even be right.
But that's on you, she doesn't care.
What you think doesn't matter.
Your labels, however sweet, don't belong to her.
She is Flora.
That's the only definition that could ever suit her.

mardi 11 décembre 2018

Winter - a haiku


The shape of the trees
Their beautiful bark on show
Who needs leaves after all



lundi 29 octobre 2018

Après 4 ans.

4 ans sans ouvrir ce blog, c'est aussi 2 ans sans mes pipettes, et presque 2 ans à être débordée, finalement, parce que maman à temps plein - home-educating mum - c'est non-stop. C'est se trouver chanceuse d'avoir le temps de prendre une douche le matin, parce que chéri s'occupe du p'tit déj, c'est faire les courses sur internet et préparer le lendemain au lieu de décompresser - me time! - parce qu'Errol parle non-stop toute la journée et que Flora ne s'endort qu'en écharpe - oui, même à presque 2 ans. C'est s'oublier, beaucoup. C'est rêver à un moment de solitude, à une heure allongée à lire un bouquin, à une nuit à dormir.
Ceci dit, ma vie n'a jamais été aussi à mon gout qu'à présent.
Je me croyais chercheuse.
J'étais maman.
Je suis maman!

lundi 20 octobre 2014

Femme des années 10

Le truc avec la vie, c'est qu'il n'y en a qu'une seule. Une toute petite vie, quelques dizaines d'années, 8 ou 9 si on veut être généreux, et paf, c'est fini. Ce n'est pas un problème en soi, c'est juste qu'il arrive un jour où ça clash(e?).
Un problème de priorités.
En même temps, je ne l'avais pas vu venir. Après tout, ça fait des années qu'elles font tout, les femmes. Ca fait des années qu'on me répète qu'on peut tout avoir, sans rien y perdre. Ca fait des années qu'on me montre que c'est une question d'égalité, de modernité, d'évolution de l'humanité.

1 an de DEA, 3ans de thèse, 12 ans de post-doc; 15 ans de vie de labo, et je ne suis ici que pour faire bouillir les patates. Rien d'autre. Il faut bien manger. Et payer son emprunt. Consommer.
Mais voilà, tous les matins, je me réveille avec une petite main sur le sein, un petit sourire aux yeux ronds, et une petite voix qui me dit "no Tweenies !". Mais si mon chéri, Tweenies, maman et papa vont au labo, et toi à la crèche. Et le sourire s'envole. "No nursery !" Puis il pense à autre chose. "Zip off! Trains!" - et la journée commence.
Mais tu sais mon Doudou, maman aimerait bien dire "pas de labo!" tous les matins. Elle y pense, mais elle n'ose pas.
Pas encore.

Et le temps passe, et tu grandis, et je suis au labo à remuer du vent pour de l’argent.
Quel gâchis.

jeudi 10 octobre 2013

Voilà, c'est fini.

La première semaine a été un choc brutal.
Le premier mois, un cauchemard
Les 3 premiers mois, difficiles, laborieux.
Les 6 premiers mois, fatigants, intenses.
Les 9 premiers mois, beaucoup de travail.
Les 12 premiers mois, la meilleure année de ma vie.
Et voilà que depuis 2 semaines, mon bébé passe ses journées à la crèche. Et je suis là, au labo, à planter des graines sous la hotte et à essayer de rattapper une année de biblio perdue, et je n’ai aucune envie d’y être. Finalement, j’avais tort – je ne suis pas juste partie en congé maternité pour quelques mois; j’ai totalement changé de vie. Et mon fils me manque bien plus que le labo ne m’a jamais manqué.

dimanche 9 décembre 2012

Le quatrième trimestre

Bientôt 12 semaines. Presque un trimestre.
Pour rien au monde je ne voudrais revivre ces toutes premières semaines, ce premier mois. Une horreur.
En même temps, j’y retournerai bien si je pouvais y emmener avec moi ma mémoire.
Tellement de choses que j’aurai voulu savoir, mais qu’on ne pouvait pas me dire. Tellement de nuits blanches et de crises de larmes qui auraient pu être évitées, si je savais alors ce que je sais maintenant.

Ceci dit, mon bébé du 21eme siècle, celui que la sélection naturelle aurait éliminé en d’autres temps, né par césarienne d’urgence et nourrit au bouillon de culture pendant des semaines, mon bébé va super bien. Il est beau, il sourit en me montrant des gencives magnifiques, et depuis maintenant une semaine entière, il est nourri au sein exclusivement. Si on m’avait dit qu’il me faudrait 72 jours pour réussir à nourrir mon fils ˮnaturellementˮ, j’aurai surement haussé les yeux au ciel en disant whatever. Et pourtant.

Bientôt 12 semaines. Presque un trimestre.
Et je commence à paniquer a l’idée qu’il me faudra un jour retourner au monde civilisé, et laisser mon bébé kangourou aux soins de quelqu’un d’autre. J’ai encore 6 mois - 2 trimestres - avant de reprendre mes pipettes.
Et si un trimestre m’a semblé long, 2 trimestres me semblent bien trop courts.