Puisque même pas peur, je suis une postdoc responsable et fidèle, et même si je n'ai jamais changé une couche de ma vie, me voici devenue baby-sitter officielle des enfants de chef. Etonemment, j'ai offert mes services avec plaisir et j'ai même hate d'y être. Parce que les bébés je ne connais pas du tout et que ça m'éclate, enfin surtout ceux des autres et encore plus quand ils rigolent tout le temps comme ces 2 petits là. Parce que quand même, 5 et 18 mois c'est tout petit. Enfin, il va quand même me falloir un peu d'énergie dans les rues de Morningside pour faire avancer la poussette à étages dont j'ai eu une démonstration détaillée la semaine derniere.
Bref.
Je pensais qu'avec mes travaux pratiques prévus pour dimanche apres-midi - "coin-coin flotte, bébé coule" sous la surveillance de Superman, et "pendant que les pates volent, le biberon refroidit" sous la direction de chef - j'allais être suffisament préparée pour le grand soir, lundi soir, alors que les parents confiants -inconscients ?- seront à l'evening meal de leur conférence.
Mais non. Je viens de recevoir un protocole. En 9 étapes. Avec des tips et un timetable.
Décidément, ma chef est fantastique.
vendredi 22 avril 2005
jeudi 21 avril 2005
La 4ème dimension.
Il y a des gens que j'ai l'impression de connaitre depuis toujours, avant de m'apercevoir qu'il y a seulement quelques mois, quelques années, ils n'existaient même pas dans ma vie. D'ailleurs il y a quelques années, je n'existait même pas dans la vie. Mon toujours n'a que 28 ans, c'est maigre.
Il y a des endroits où je ne me souviens plus avoir vécu, des lieux qui sont devenus des souvenirs lointains, des images qui ne sont fixées dans ma mémoire que grace à quelques photos. Comme si ce labo, cette ville, cette vie étaient les seuls que j'aie jamais connus. Et pourtant, et pourtant, il y en a eu des vies avant celle-ci.
J'ai souvent l'impression que c'est "pour toujours" et "à jamais". Alors que tout change continuellement. Alors que l'instabilité est bien la seule constante dans ma vie.
J'oublie au jour le jour, il ne me reste que des sensations plus ou moins précises, plus ou moins agréables, des bagages de frustrations, de peurs, d'envies, de conditionnements, d'espérances. Du bruit de fond.
Je panique à la moindre allusion au futur, à l'incertitude, au néant qui s'ouvre là, juste devant ou quelques pas plus loin. Planifier ce qui DOIT être fait l'instant suivant, c'est simple, c'est facile, ça tombe sous le sens. Mais la liberté de construire, ça me donne le vertige.
L'intemporalité de mon quotidien est un luxe. Mais c'est aussi terrifiant. Et euphorisant. Et déprimant. Et culpabilisant.
Et pathologique, parait-il.
Il y a des endroits où je ne me souviens plus avoir vécu, des lieux qui sont devenus des souvenirs lointains, des images qui ne sont fixées dans ma mémoire que grace à quelques photos. Comme si ce labo, cette ville, cette vie étaient les seuls que j'aie jamais connus. Et pourtant, et pourtant, il y en a eu des vies avant celle-ci.
J'ai souvent l'impression que c'est "pour toujours" et "à jamais". Alors que tout change continuellement. Alors que l'instabilité est bien la seule constante dans ma vie.
J'oublie au jour le jour, il ne me reste que des sensations plus ou moins précises, plus ou moins agréables, des bagages de frustrations, de peurs, d'envies, de conditionnements, d'espérances. Du bruit de fond.
Je panique à la moindre allusion au futur, à l'incertitude, au néant qui s'ouvre là, juste devant ou quelques pas plus loin. Planifier ce qui DOIT être fait l'instant suivant, c'est simple, c'est facile, ça tombe sous le sens. Mais la liberté de construire, ça me donne le vertige.
L'intemporalité de mon quotidien est un luxe. Mais c'est aussi terrifiant. Et euphorisant. Et déprimant. Et culpabilisant.
Et pathologique, parait-il.
mercredi 20 avril 2005
Vulgarisation scientifique.
"Salut Eve, comment vas-tu ? J'ai bien reçu ton message indiquant que tu étais partie vers les horizons écossais. J'espère que ton installation s'est bien passée et que ta vie là-bas te plaît. Fais-tu un post-doc ou as-tu trouvé du boulot ?"
Après tout c'est vrai, j'oubliais, je suis en VACANCES... (au chomage ? en congé maladie ? lépreuse ? en postdoc ?)
Après tout c'est vrai, j'oubliais, je suis en VACANCES... (au chomage ? en congé maladie ? lépreuse ? en postdoc ?)
mardi 19 avril 2005
Quand l'appétit va tout va...
Quand il suffit juste d'appuyer sur un bouton, je ne sais pas résister.
Alors voilà, "I Can Make You Thin" et "Change Your Life in Seven Days" seront sur ma table de chevet demain ou le jour d'après.
Faut dire, quand il suffit juste d'appuyer sur un bouton, je peux être super vachement crédule... même quand je réalise tout à fait que c'est pathétique.
Allez, cette fois c'est sur, je vais me métamorphoser en une femme heureuse, épanouie et bien dans son corps, un peu comme dans Biba mais sans les retouches photos - ce qui me fait penser que depuis que j'ai arrêté Biba j'achète double ration de Chat et autres Take a Break, Bella ou That's life, ce qui prouve que finalement certaines dépendances sont meilleures que celles qui les remplacent.
Allez, c'est pas tout ça, ça doit bien être l'heure d'aller s'empiffrer là maintenant, non ?
Alors voilà, "I Can Make You Thin" et "Change Your Life in Seven Days" seront sur ma table de chevet demain ou le jour d'après.
Faut dire, quand il suffit juste d'appuyer sur un bouton, je peux être super vachement crédule... même quand je réalise tout à fait que c'est pathétique.
Allez, cette fois c'est sur, je vais me métamorphoser en une femme heureuse, épanouie et bien dans son corps, un peu comme dans Biba mais sans les retouches photos - ce qui me fait penser que depuis que j'ai arrêté Biba j'achète double ration de Chat et autres Take a Break, Bella ou That's life, ce qui prouve que finalement certaines dépendances sont meilleures que celles qui les remplacent.
Allez, c'est pas tout ça, ça doit bien être l'heure d'aller s'empiffrer là maintenant, non ?
Une narcisse ne fait pas le printemps...
Il y a des jours quand même où rien ne va plus malgré l'odeur de printemps. Où on pense qu'on va arriver au labo avant 10h le sourire aux lèvres, et où on franchit la porte a 10h53, le cheveux rebelle et boudinée dans un vieux pantalon poucrave qui serre le ventre -sans parler des fesses-, parce que bon, après avoir essayé le contenu ENTIER de l'armoire, il n'y a rien qui me va, les vieilles jupes ont des élastiques préhistoriques qui ont rendu l'âme, les vieux pantalons sont trop serrés, les nouveaux ridiculement trop grands, et aller au labo en peignoir il parait que ca ne se fait pas.
Je suis trop grosse.
Merde, comme si je ne le savais pas déjà.
Quel est le con qui a inventé le miroir hein ?
Je suis trop grosse.
Merde, comme si je ne le savais pas déjà.
Quel est le con qui a inventé le miroir hein ?
lundi 18 avril 2005
Déjeuner en paix...
Assise en tailleur sur le canapé devant la télé, le saladier bien callé là dans le creux des jambes, un verre de rouge sur la table basse, voilà ma position préférée.
D'ailleurs un dimanche soir juste avant de s'installer confortablement, on se retrouve dans la cuisine à préparer sa sauce salade en salivant -comme oui je suis championne du monde en sauce salade, et si t'es pas d'acc c'est pas grave ça en fera plus pour moi- en se souvenant que demain c'est un jour de congé à l'université, et qu'un jour de congé ça signifie surtout "merde la cafét va être fermée". Alors au moment d'ajouter de la moutarde dans le saladier on en met le double, puis on cherche un grand tupperware dans le placard, et on partage précautioneusement sa salade en deux, en salivant tout à coup doublement, puisque demain midi ça va être meilleur que d'habitude finalement.
Sauf qu'on a pas pensé à un truc tout con: au moment d'ouvrir le tupperware et d'admirer la sauce qui dégouline à l'extrémité des feuilles et sur les morceaux de gruyère -du vrai de vrai, pas du cheddar- on est entourré d'un bataillon de british ou de foreigners britanisés, ouvrant leur lunch-box sur un sandwich-triangle et un mini paquet de chips.
Alors on se met quand même à manger sa salade qui fait un crunch-crunch terriblement bruyant, surtout lorsque les 4 paires de machoires alentours mâchent du pain de mie, on s'éclabousse de sauce, surtout sur le menton là, comme quand on est sur son canapé à la maison à se demander quel va être le vainqueur du "100 greatest albums ever" de channel 4, sauf qu'on est pas sur le même canapé, on est sur celui de la salle café face à 4 paires d'yeux qui vous observent d'un air pas franchement dégouté, mais définitivement réprobateur. Alors on n'ose pas finir de saucer la sauce avec son morceau de ciabatta au poivron qui pourtant déchire sa race tellement c'est bon, et on se dit que la prochaine fois on mangera son dessert en secret dans le labo même si c'est interdit, puisque c'est bien connu, manger un dessert pour lunch-time c'est pêcher, surtout si on est française et grassouillette.
Allez, demain c'est pas congé, et je vais pouvoir reprendre mon régime pâtes-fromage cachée dans un coin de la cafet...
D'ailleurs un dimanche soir juste avant de s'installer confortablement, on se retrouve dans la cuisine à préparer sa sauce salade en salivant -comme oui je suis championne du monde en sauce salade, et si t'es pas d'acc c'est pas grave ça en fera plus pour moi- en se souvenant que demain c'est un jour de congé à l'université, et qu'un jour de congé ça signifie surtout "merde la cafét va être fermée". Alors au moment d'ajouter de la moutarde dans le saladier on en met le double, puis on cherche un grand tupperware dans le placard, et on partage précautioneusement sa salade en deux, en salivant tout à coup doublement, puisque demain midi ça va être meilleur que d'habitude finalement.
Sauf qu'on a pas pensé à un truc tout con: au moment d'ouvrir le tupperware et d'admirer la sauce qui dégouline à l'extrémité des feuilles et sur les morceaux de gruyère -du vrai de vrai, pas du cheddar- on est entourré d'un bataillon de british ou de foreigners britanisés, ouvrant leur lunch-box sur un sandwich-triangle et un mini paquet de chips.
Alors on se met quand même à manger sa salade qui fait un crunch-crunch terriblement bruyant, surtout lorsque les 4 paires de machoires alentours mâchent du pain de mie, on s'éclabousse de sauce, surtout sur le menton là, comme quand on est sur son canapé à la maison à se demander quel va être le vainqueur du "100 greatest albums ever" de channel 4, sauf qu'on est pas sur le même canapé, on est sur celui de la salle café face à 4 paires d'yeux qui vous observent d'un air pas franchement dégouté, mais définitivement réprobateur. Alors on n'ose pas finir de saucer la sauce avec son morceau de ciabatta au poivron qui pourtant déchire sa race tellement c'est bon, et on se dit que la prochaine fois on mangera son dessert en secret dans le labo même si c'est interdit, puisque c'est bien connu, manger un dessert pour lunch-time c'est pêcher, surtout si on est française et grassouillette.
Allez, demain c'est pas congé, et je vais pouvoir reprendre mon régime pâtes-fromage cachée dans un coin de la cafet...
Emporte-moi dans ton rêve...
J'ai enfin compris qu'il était inutile d'essayer de lutter: entre 7h et 9h, chaque matin, je ne sais quelle étrange créature prend possession de ma volonté et m'empêche de me réveiller. C'est tout. Comment expliquer sinon que je n'arrive pas à m'endormir le soir, que je me tourne et me retourne en attendant le coup de massue libérateur, alors qu'entre 2 sonneries de réveil de 7 à 9, je me rendors comme un loir, instantanément, et ce meme après la 11ème interruption ?
Souvent, avant 7h, j'ouvre les yeux, et je me retrouve prête à sauter dans la douche et à vaincre le monde avec mes pipettes. Mais à quoi bon ? Il est "avant 7h", et ce serait idiot de ne pas profiter de ma couette moëlleuse 5 minutes de plus. Alors je me retourne et je me rendors doucement. En pensant qu'aujourd'hui, pour une fois, je me leverai au premier son du réveil, puisqu'apparemment j'ai déja assez dormi. Erreur. L'entrée dans la zone magique se termine invariablement vers 9h10, lorsque d'un oeil j'apercois les chiffres rouges, et que je m'élance d'un bond dans mes pantoufles en marmonnant "merde, merde, merde, j'suis encore en retard !!!".
J'ai essayé tous les trucs disponibles. Mettre le réveil loin, utiliser 3 réveils différents, n'en mettre qu'un seul pour me forcer à ne pas compter sur la sonnerie du 3ème, et je suis désormais capable de reprogrammer mon téléphone pour qu'il resonne 10 minutes plus tard tout en fermant les yeux ou presque.
Alors voila, je m'avoue vaincue.
Monsieur le magicien de 7 à 9, tu as gagné...
Souvent, avant 7h, j'ouvre les yeux, et je me retrouve prête à sauter dans la douche et à vaincre le monde avec mes pipettes. Mais à quoi bon ? Il est "avant 7h", et ce serait idiot de ne pas profiter de ma couette moëlleuse 5 minutes de plus. Alors je me retourne et je me rendors doucement. En pensant qu'aujourd'hui, pour une fois, je me leverai au premier son du réveil, puisqu'apparemment j'ai déja assez dormi. Erreur. L'entrée dans la zone magique se termine invariablement vers 9h10, lorsque d'un oeil j'apercois les chiffres rouges, et que je m'élance d'un bond dans mes pantoufles en marmonnant "merde, merde, merde, j'suis encore en retard !!!".
J'ai essayé tous les trucs disponibles. Mettre le réveil loin, utiliser 3 réveils différents, n'en mettre qu'un seul pour me forcer à ne pas compter sur la sonnerie du 3ème, et je suis désormais capable de reprogrammer mon téléphone pour qu'il resonne 10 minutes plus tard tout en fermant les yeux ou presque.
Alors voila, je m'avoue vaincue.
Monsieur le magicien de 7 à 9, tu as gagné...
vendredi 15 avril 2005
Le bilan.
J'ai hurlé, j'ai pleuré, je ne voulais pas y aller, non, non et non, l'Ecosse ça allait forcément être nul.
Mais voila, il faut bien se rendre à l'évidence: chef est détendue et disponible, les 2 postdocs de notre équipe d'adoption sont heureux de ne plus être seuls dans leur grand labo-tout-vide, et d'ailleurs ils cherchent à communiquer le plus possible avec nous, même s'ils s'intéressent autant aux phytochromes que nous à la dégradation de l'amidon, Fran est quasiment parfaite, que ce soit au pub, au musée, dans le labo ou à la cafétéria, son sourire la suit partout, SW n'est toujours pas arrivée, ma paillasse est tellement immense qu'elle parait rangée, et j'ai l'impression inhabituelle d'avoir fait mes devoirs quand j'arrive le matin à 10h.
Bref.
Il ne manque plus que l'autocollant "Disneyland-Scotland" sur la porte du labo, les tabourets roses sous les paillasses et un Nature paper publié dans l'année pour que ma vie soit un rêve...
Mais voila, il faut bien se rendre à l'évidence: chef est détendue et disponible, les 2 postdocs de notre équipe d'adoption sont heureux de ne plus être seuls dans leur grand labo-tout-vide, et d'ailleurs ils cherchent à communiquer le plus possible avec nous, même s'ils s'intéressent autant aux phytochromes que nous à la dégradation de l'amidon, Fran est quasiment parfaite, que ce soit au pub, au musée, dans le labo ou à la cafétéria, son sourire la suit partout, SW n'est toujours pas arrivée, ma paillasse est tellement immense qu'elle parait rangée, et j'ai l'impression inhabituelle d'avoir fait mes devoirs quand j'arrive le matin à 10h.
Bref.
Il ne manque plus que l'autocollant "Disneyland-Scotland" sur la porte du labo, les tabourets roses sous les paillasses et un Nature paper publié dans l'année pour que ma vie soit un rêve...
jeudi 14 avril 2005
Eh bien, dansez maintenant...
A me retrouver dans cette ambiance d'efficacité et de travail, voilà que je m'y mets aussi et que je n'ai plus le temps de... ne rien faire.
Damned.
Work sucks.
Damned.
Work sucks.
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